NicolasFeuz

 

Né en 1971, marié et père de deux enfants, Nicolas Feuz a exercé les professions d’avocat et de juge d’instruction. Nicolas Feuz est actuellement procureur de la République et canton de Neufchâtel en Suisse.

Il a remporté le Premier Prix du Polar Auto-Edité en 2015.

 

  •  Qu’est ce qui a déclenché cette envie d’écrire et à quand remonte cette passion ?

De tout temps, j’ai été passionné par l’univers du polar, que ce soit au cinéma, à la télé, en BD ou dans les livres. D’aucuns diront que ça m’a même poursuivi jusque dans ma profession. Longtemps, je n’ai pas osé me lancer dans l’écriture, partant de l’idée que c’était réservé à des « artistes » confirmés. Jusqu’à ce jour de 2010 où je me suis dit, avec mon expérience professionnelle – ce travail de tous les jours, main dans la main, avec la police sur le terrain – « pourquoi pas moi ? »

 

  • Avez-vous déjà été jury d’un prix littéraire et pourquoi avoir accepté d’être jury Prix du Polar auto-édité ?

Non, je n’ai jamais été membre d’un jury d’un prix littéraire. Si j’ai accepté cette présidence, c’est parce que le vent tourne et que l’auto-édition est en train d’effacer petit à petit sa réputation négative. En Suisse, on n’y prête probablement moins d’attention qu’en France et du moment qu’un livre est bon, on se fiche royalement de savoir s’il provient des canaux traditionnels de l’édition, de l’édition à compte d’auteur ou de l’auto-édition. Il y a d’excellents ouvrages en auto-édition, comme il y a des navets dans l’édition traditionnelle. Rien ne changera cette réalité. Il y a également, dans l’auto-édition, de futurs best-sellers ; « 50 nuances de Grey » en est un bel exemple, quoiqu’on puisse penser des qualités littéraires de ce livre. Le statut de Lauréat du premier Prix du Polar auto-édité m’a ouvert l’entier du marché suisse du livre et c’est donc un honneur de revenir dans le concours en qualité de Président du Jury, afin qu’un autre auteur puisse aussi bénéficier de retombées analogues.

 

  • Pour le moment vous n’avez écrit que des romans auto-édités, pourquoi ce choix ?

Par défaut serait la première réponse sincère qui vienne à l’esprit, car tout auteur rêve de trouver un jour un éditeur (traditionnel et non à compte d’auteur). L’édition traditionnelle (à compte d’éditeur) est notoirement bouchée et courir après les réponses négatives, typées, formatées sans qu’il n’y ait eu de réelle lecture du manuscrit, devient très vite lassant, surtout avec les délais de réponses de plusieurs mois et les coûts que cela engendre. Mon crédo est que, dans la vie, il faut avancer et prendre des risques, trancher et assumer ses choix. C’est ce que je fais tous les jours dans mon métier, souvent dans l’urgence. J’y suis donc habitué. Ensuite, avec l’expérience, on se rend compte que l’auto-édition présente des avantages insoupçonnés au départ, tels que liberté dans le texte, dans les dates de sortie et dans la promotion, ainsi que conservation de tous ses droits. Bien entendu, cela implique qu’au-delà d’être auteur, il faut s’improviser éditeur, distributeur et diffuseur, à tout le moins au départ. Ensuite, quand le réseau est en place, que le succès est au rendez-vous et que l’on commence à dépasser de manière significative les chiffres de vente de certains auteurs reconnus, les portes s’ouvrent. Déjà au niveau de la distribution et de la diffusion professionnelles. Cela simplifie alors grandement les choses. Après cela, les tendances s’inversent petit-à-petit et, curieusement, ceux qui vous renvoyaient négativement vos manuscrits (à priori sans les avoir lus) vous recontactent spontanément. Mais les rapports de force ne sont alors plus les mêmes et vous pouvez commencer à imposer vos exigences. Personnellement, aujourd’hui, je ne suis plus prêt à sacrifier mes droits à n’importe quel prix.

 

  • Que pensez-vous de l’autoédition et comment voyez-vous l’avenir de ce moyen de publication en France ?

Ce qui précède répond déjà en grande partie à cette question. En ne lisant pas les manuscrits – soit peut-être en ne se dotant pas du personnel suffisant pour lire de manière décente les manuscrits reçus (certes parfois très nombreux) et pour repérer les bons – les éditeurs traditionnels sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis et poussent de nombreux auteurs de qualité à se tourner vers l’auto-édition, qui explose actuellement. Parallèlement, les librairies acceptent de plus en plus facilement les dépôts d’auteurs auto-édités et les distributeurs/diffuseurs acceptent également de conclure des contrats directement avec les auteurs auto-édités. A terme, l’auto-édition va donc devenir un concurrent de plus en plus sérieux pour l’édition traditionnelle. Et ce n’est sans doute pas en se contentant d’affirmer qu’il sort n’importe quoi de l’auto-édition que l’édition traditionnelle va inverser cette tendance, car elle ferait bien, avant toute chose, de remettre en question son propre mode de fonctionnement.

 

Retrouvez Nicolas Feuz sur les réseaux sociaux : Facebook et Twitter.

 

Découvrez les autres membres du jury :  

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